The KeyStones (Tours-37), créé en septembre 2015, est un groupe vocal amateur d’une vingtaine de voix. Ils interprètent un répertoire Pop Rock. Ils nous offrent, pendant le confinement, cette belle version de Bohemian Rapsody de Queen. KR s’est intéressé au Making of de ce titre ou comment connaître les coulisses de l’enregistrement d’un morceau à distance. Nous avons rencontré François Emile pour qu’il nous parle enregistrement, mixage et montage vidéo.

KR : Bonjour François, combien de personnes ont participé à l’enregistrement de ce titre (chant, musicien) ?

François : 16 choristes ont participé à cet enregistrement de Bohemian Rhapsody. Gaël, notre chef de chœur et arrangeur a enregistré toute la partie instrumentale : piano, basse, cajon et plusieurs parties de guitare.

Quel a été le support de référence, le piano a-t-il servi de piste témoin ?

Chaque chanteur a enregistré sa partie en s’appuyant sur une piste de référence au piano, avec un clap synchro à effectuer sur le 4ème temps d’une première mesure (claquement de main). Ce repère audio facilitera le calage des pistes entre elles au moment du mixage et du montage vidéo.
Bien évidemment, chacun a dû enregistrer en utilisant un casque afin de ne pas reprendre le son de la piste piano dans le micro.

Quels matériels et dans quelles conditions se sont faites les prises de son ?

Selon l’équipement de chacun nous avons tout eu : enregistrements avec des téléphones, avec des enregistreurs numériques (Zoom ou autres), avec des micros de différentes qualités… C’est dans ce type de projet qu’on s’aperçoit que tout le monde n’a pas la même connaissance du matériel et des logiciels nécessaires à la prise de son.

Comment s’est déroulé l’assemblage de ces voix ?

Confinement oblige, chacun a envoyé, via des plafeformes de transfert son enregistrement audio à Pascal, l’un de nos choristes chargé du mixage audio.
Quelques chanteurs avaient travaillé leur fichier en amont  avec des logiciels idoines (Audacity, Mélodyne). La plupart ont envoyé les fichiers bruts.

Quand et comment ont été enregistrés les autres instruments ?

Parallèlement aux voix, Gaël a enregistré les parties instrumentales.
Il s’est évidemment appuyé sur la même piste audio de référence.
Le mixage des pistes instrumentales a été fait indépendamment des pistes chants.

Pour le mixage, quels logiciels avez-vous utilisés 

Au préalable, les pistes vocales ont été nettoyées avec le logiciel Izotope RX7 afin d’enlever le souffle, craquements et bruits parasites. Ensuite, toutes les voix ont été importées dans le DAW Reaper qui est d’une flexibilité et légèreté incroyable. Différents plug-ins ont été utilisés pour améliorer le rendu : Melodyne a permis de corriger les problèmes de justesse et de précision rythmique. L’égalisation des voix a été assurée par FabFilter Pro-Q 3 afin de couper les basses fréquences inutiles et harmoniser les médiums entre des prises de son très différentes. La neutralité et la précision de cet EQ sont exemplaires. Chaque voix a ensuite été compressée pour uniformiser les écarts de volume et donner plus de présence à l’ensemble grâce au plug-in Waves CLA-3A. Pour finir, toutes les voix, rattachées à un bus, ont subi un traitement final pour réchauffer le son en ajoutant de la distortion et des harmoniques avec le plug-in Waves J37, le tout complété par une légère reverb courte. Sur le master, le compresseur Magic Death Eye (DDMF) a permis d’apporter  une dynamique et une couleur intéressante à l’ensemble.

Une fois, l’audio finalisé, vous avez réalisé le clip, l’image était-elle synchronisée dès la prise de son de chaque choriste ou cela s’est-t-il déroulé en plusieurs phases ?

Les prises vidéo ont eu lieu dans un deuxième temps. Une fois les audio enregistrés, chacun a dû réinterpréter sa partie vocale devant la caméra. Idem pour chaque partie instrumentale.
L’idée était de se débarrasser de tous les problèmes liés à la technique au moment de la prise de vue.  Peu importe si on ne chante pas très juste à ce moment là : l’essentiel est d’être synchro et expressif.

Pour la vidéo, le clap synchro est essentiel pour caler l’image avec le son. Chacun était censé le faire (certains ont oublié… et là, bonjour la galère).

Quels ont été les autres étapes dans le montage vidéo (synchro audio, matériel utilisé…)

Là encore chacun a fait avec le matériel à sa disposition. La plupart ont utilisé des téléphones portables, qui sont aujourd’hui tous capables de filmer en HD.
Pour le montage vidéo, j’ai utilisé Première Pro.
Vu le nombre de vidéos simultanées à traiter (16 choristes + les vidéos instruments) autant dire que le PC a chauffé. Il faut donc avoir un bon processeur et une carte graphique à la hauteur pour traiter cette quantité d’images. Le mixage voix et instruments, une fois terminé m’a été envoyé.
Grace au clap tempo, il a été assez facile de le recaler par rapport à la vidéo.

Des anecdotes ?

La prise de son et d’image est la phase la plus rapide, puisque c’est une tâche autonome de chaque chanteur. Mais si cette phase n’est pas faite avec rigueur, on perd beaucoup de temps en post traitement.
Les traitements audio et vidéo ont été très longs (mais passionnants). Nous les avons estimés à 70 heures chacun.
Il est donc important de briefer les participants sur les techniques de prises de son et de prises d’image pour recevoir des matériaux homogènes pour le montage final.

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